Le sujet de cet article, je n'en ai pas encore une idée précise. Pour l'heure il s'agit d'un texte bâtard, au contenu hybride et pas clairement défini. Peut-être s'agit-il d'un texte sur la vérité, ou sur la dynamique de l'histoire, des diachronies et synchronies, ou bien du rapport qu'entretiennent tous les éléments que je viens d'évoquer. En fait je voudrais parler de la nécessité de l'anthropologie dans notre monde (enfin d'autres choses aussi mais bon...). L'anthropologie est une discipline fort intéressante car on y découvre d'autres civilisations très différentes de la nôtre. Je dis bien différente et pas en retard. Différente dans le sens où elles ont pris un autre chemin que le nôtre. Nous comparer à ces sociétés ne doit pas nous amener à juger leurs valeurs (encore que...et là c'est tout un débat...) mais simplement à montrer la multiplicité de l'homme. Il n'y a pas d'essence de l'homme car par essence on fait de l'homme une entité universelle et homogène. A la limite on pourrait dire qu'il y a des essences mais nous resterions encore dans une vision où l'homme aurait presque des prédispositions. A titre d'exemple, ça me rappelle une des plus belles conneries de Marx : « Le travail est l'essence de l'homme ». Comme si en chacun de nous, nous possédions une sorte de penchant et d'aptitude au travail, et que c'est dans celui-ci que l'Homme s'accomplirait, ô bienfaits de l'éternel tout puissant. Justement des travaux d'anthropologues comme ceux de Marshall Sahlins, nous montrent que dans certaines sociétés le travail est une activité peu prisée, et que le temps consacré varie de 4 à 8h par semaine (si mes souvenirs sont bons...). La pensée de Marx s'en trouve, d'un coup, considérablement affaiblie.
En fait je sais de quoi je veux parler. Ce texte est écrit en temps réel, et il s'est passé quelques heures entre le paragraphe précédent et celui-ci. C'est durant ces quelques heures que j'ai pu expliciter ce qui va suivre. En fait ce dont je vais parler c'est tout simplement des disciplines, méthodes et outils dont je souhaite me servir lors de mes prochaines recherches dans mes études, et expliquer l'enjeu et l'intérêt de ce choix. J'ai donc parlé de l'anthropologie, maintenant je voudrais parler de l'histoire. L'anthropologie a pour fonction de remettre en question la supposée destinée universelle de l'humanité. L'histoire, elle, me semble particulièrement intéressante dans le sens où celle-ci nous permet également de rompre avec une vision figée de l'homme. Ici il y a bien entendu chez moi un profond héritage de toute la pensée de Foucault. Au fond ce qu'a entrepris Foucault durant toute sa vie à travers des études historiques, c'était une manière de replacer l'homme dans une dynamique active de l'évolution. L'histoire ne suit pas une ligne directrice, avec un sens pré-défini, des stades par lesquels on devrait nécessairement passer. Non, l'histoire est une succession de ruptures, d'à-coups. L'intempestif et l'irrégularité. Il n'y a pas de causes en soi mais simplement des choses qui en conditionnent d'autres. Mais je m'éloigne un peu. L'histoire est surtout intéressante car à l'instar de l'anthropologie, elle montre, du moins dans la vision que j'en ai comme écrite ci-dessus, que l'homme ou certaines sphères de la vie sociale ont été problématisés de façon différente selon les époques. Je prends un exemple dont j'aimerais plus tard parler dans mes futures recherches : l'alcoolisme. L'alcoolisme a-t-il toujours été une maladie ? Autrement dit, a-t-on de tout temps guéri ce qu'on a appelé l'alcoolisme ? Le simple fait de poser la question nous permet de dire que non, l'alcoolisme n'a pas toujours été une maladie. Comment avons-nous décidé de médicaliser une pratique supposée excessive ? Le mot alcoolisme a à peine 50 ans... Pourquoi a-t-il été crée à ce moment ? Il faut analyser les conditions d'émergence d'une telle médicalisation. Quand Foucault analyse les conditions d'émergence de la généralisation de la prison comme peine, son véritable souhait est de montrer que l'institution pénale n'est qu'un moment dans l'histoire et que nous ne devons pas considérer celle-ci comme naturelle. Or aujourd'hui il est pour tout le monde évident que cette institution est la plus juste. Mais il était également tout à fait naturel au Moyen-Age de torturer et tuer des gens sur la place publique. Aujourd'hui, de notre point de vue, nous trouvons cela archaïque. Mais qu'est-ce qui nous dit que dans 500 ans des gens n'auront pas le même regard sur nous, comme celui que nous avions sur les méthodes du Moyen-Age ? A travers l'histoire il s'agit donc de réinscrire l'homme dans une dynamique, dans un champ d'historicité.
Au fond l'histoire et l'anthropologie seraient l'abscisse et l'ordonnée d'une fonction qui nous aiderait à repositionner l'homme dans le mouvement. Non pas tomber dans un relativisme ambiant mais décentrer le sujet, pour le faire éclater. Affirmer qu'il y a « des » centres autour desquels des histoires se développent plutôt qu'un seul. Il faut donc cesser de rechercher le fondement d'un savoir absolu tentée par le néocriticisme ou le positivisme. La connaissance scientifique a elle aussi une histoire. La révolution copernicienne selon laquelle le soleil est au centre de l'univers et non la Terre tient à peu de choses. Copernic après avoir lu un livre de Platon s'aperçoit qu'il fait de Dieu le centre de toutes choses. L'astrophysicien fit alors le rapprochement entre Dieu et le soleil, et affirma donc que l'univers dans lequel nous vivions était héliocentrique. Imaginez si Copernic n'avait jamais lu ça... C'est comme j'aime bien tous ces scientifiques qui sont persuadés de ce qu'ils avancent mais au fond qu'est-ce qui nous dit qu'une révolution scientifique n'aura pas lieu dans quelques décennies ? Vous voyez où je veux en venir quand je dis que l'histoire nous permettrait de replacer l'homme dans une position active. Les outils de la connaissance seront perpétuellement infaillibles. Il ne peut y avoir que des principes régulateurs ou de conditionnement. Tout cela débouche nécessairement sur un vitalisme, une puissance de vie telle que Nietzsche l'avait écrit. La pensée ne pouvant se donner la tâche d'identifier des principes absolus ni même des formes a priori qui se trouveraient sur un autre plan (un plan d'immanence comme l'avait d'écrit Deleuze) que celui de l'expérience et la fonderaient, elle ne peut qu'explorer ce flux dans lequel tous les principes s'écoulent et se dissolvent, se composent et se décomposent, autrement dit la vie. «L'immanence : une vie ». C'était le titre du dernier texte de Deleuze. Vive les multiplicités !
En fait je sais de quoi je veux parler. Ce texte est écrit en temps réel, et il s'est passé quelques heures entre le paragraphe précédent et celui-ci. C'est durant ces quelques heures que j'ai pu expliciter ce qui va suivre. En fait ce dont je vais parler c'est tout simplement des disciplines, méthodes et outils dont je souhaite me servir lors de mes prochaines recherches dans mes études, et expliquer l'enjeu et l'intérêt de ce choix. J'ai donc parlé de l'anthropologie, maintenant je voudrais parler de l'histoire. L'anthropologie a pour fonction de remettre en question la supposée destinée universelle de l'humanité. L'histoire, elle, me semble particulièrement intéressante dans le sens où celle-ci nous permet également de rompre avec une vision figée de l'homme. Ici il y a bien entendu chez moi un profond héritage de toute la pensée de Foucault. Au fond ce qu'a entrepris Foucault durant toute sa vie à travers des études historiques, c'était une manière de replacer l'homme dans une dynamique active de l'évolution. L'histoire ne suit pas une ligne directrice, avec un sens pré-défini, des stades par lesquels on devrait nécessairement passer. Non, l'histoire est une succession de ruptures, d'à-coups. L'intempestif et l'irrégularité. Il n'y a pas de causes en soi mais simplement des choses qui en conditionnent d'autres. Mais je m'éloigne un peu. L'histoire est surtout intéressante car à l'instar de l'anthropologie, elle montre, du moins dans la vision que j'en ai comme écrite ci-dessus, que l'homme ou certaines sphères de la vie sociale ont été problématisés de façon différente selon les époques. Je prends un exemple dont j'aimerais plus tard parler dans mes futures recherches : l'alcoolisme. L'alcoolisme a-t-il toujours été une maladie ? Autrement dit, a-t-on de tout temps guéri ce qu'on a appelé l'alcoolisme ? Le simple fait de poser la question nous permet de dire que non, l'alcoolisme n'a pas toujours été une maladie. Comment avons-nous décidé de médicaliser une pratique supposée excessive ? Le mot alcoolisme a à peine 50 ans... Pourquoi a-t-il été crée à ce moment ? Il faut analyser les conditions d'émergence d'une telle médicalisation. Quand Foucault analyse les conditions d'émergence de la généralisation de la prison comme peine, son véritable souhait est de montrer que l'institution pénale n'est qu'un moment dans l'histoire et que nous ne devons pas considérer celle-ci comme naturelle. Or aujourd'hui il est pour tout le monde évident que cette institution est la plus juste. Mais il était également tout à fait naturel au Moyen-Age de torturer et tuer des gens sur la place publique. Aujourd'hui, de notre point de vue, nous trouvons cela archaïque. Mais qu'est-ce qui nous dit que dans 500 ans des gens n'auront pas le même regard sur nous, comme celui que nous avions sur les méthodes du Moyen-Age ? A travers l'histoire il s'agit donc de réinscrire l'homme dans une dynamique, dans un champ d'historicité.
Au fond l'histoire et l'anthropologie seraient l'abscisse et l'ordonnée d'une fonction qui nous aiderait à repositionner l'homme dans le mouvement. Non pas tomber dans un relativisme ambiant mais décentrer le sujet, pour le faire éclater. Affirmer qu'il y a « des » centres autour desquels des histoires se développent plutôt qu'un seul. Il faut donc cesser de rechercher le fondement d'un savoir absolu tentée par le néocriticisme ou le positivisme. La connaissance scientifique a elle aussi une histoire. La révolution copernicienne selon laquelle le soleil est au centre de l'univers et non la Terre tient à peu de choses. Copernic après avoir lu un livre de Platon s'aperçoit qu'il fait de Dieu le centre de toutes choses. L'astrophysicien fit alors le rapprochement entre Dieu et le soleil, et affirma donc que l'univers dans lequel nous vivions était héliocentrique. Imaginez si Copernic n'avait jamais lu ça... C'est comme j'aime bien tous ces scientifiques qui sont persuadés de ce qu'ils avancent mais au fond qu'est-ce qui nous dit qu'une révolution scientifique n'aura pas lieu dans quelques décennies ? Vous voyez où je veux en venir quand je dis que l'histoire nous permettrait de replacer l'homme dans une position active. Les outils de la connaissance seront perpétuellement infaillibles. Il ne peut y avoir que des principes régulateurs ou de conditionnement. Tout cela débouche nécessairement sur un vitalisme, une puissance de vie telle que Nietzsche l'avait écrit. La pensée ne pouvant se donner la tâche d'identifier des principes absolus ni même des formes a priori qui se trouveraient sur un autre plan (un plan d'immanence comme l'avait d'écrit Deleuze) que celui de l'expérience et la fonderaient, elle ne peut qu'explorer ce flux dans lequel tous les principes s'écoulent et se dissolvent, se composent et se décomposent, autrement dit la vie. «L'immanence : une vie ». C'était le titre du dernier texte de Deleuze. Vive les multiplicités !
Morceau du jour : Ayo - Down on my knees (découvert à force de mater la nocturne de M6 music très tard le soir...)


